Test Guitare GIBSON J-35

Tester une Gibson acoustique, c’est se frotter aux légendes. De la Humming Bird à la Dove en passant par la J200, les acoustiques à cordes acier ont construit la légende de la marque. Je précise “à corde acier” car Gibson n’a jamais vraiment brillé dans la corde nylon. Folk ! On reste dans la culture nord américaine. Ça, ils savent bien le faire.



 

L’une des autres légendes de la guitare c’est la J-45, un format dreadnought tout ce qu’il y a d’ordinaire, mais qui fut justement un standard de la marque. Alors on pourrait penser que la Gibson J-35 n’est qu’une “petite” J-45 sortie pour attirer un public moins fortuné vers la légendaire marque américaine. Il n’en est rien. La J-35 a vu le jour en 1936, c’est à dire six ans avant la J-45 et presque trente avant les autres hits dreadnought de Gibson (la Hummingbird et la Dove). Vous me direz, merci pour le cours d’histoire, mais qu’est-ce que ça a à voir avec la choucroute ? Tout vous répondrais-je. La Gibson J-35 a justement ce tout qui définit au mieux les sonorités folk d’antan. Rugeuse, pas vraiment équilibrée et sans une incroyable projection. Ceci des défauts ? Non pour aucun de ces chefs d’inculpation. La J-35 à des défauts qui forment sa personnalité.

Equilibrée ?

C’est un fait. Qu’elle soit jouée de façon la plus standard possible, au médiator en strumming ou aux doigts, qu’elle soit jouée en fingerpicking, la guitare manque d’aiguë. A la réflexion, ce n’est peut-être même pas un manque de fréquences hautes, mais une masse de fréquences basses et médium. Des basses très présentes, et des bas-médiums encore plus envahissants, écrasent littéralement les aiguës. Mais ça me plait. C’est un caractère très bien marqué. Une guitare qui n’abandonne pas son guitariste quand il se met à chanter. Un appui solide ! De plus, le guitariste électrique que je suis parfois se retrouve dans la sonorité massive de la Gibson. Une sorte de solid body au corps en acajou et aux micros doubles-bobinages. Une Les Paul vous avez dit ? Le manche n’est pas non plus celui d’une Taylor, d’une Breedlove ou d’autres marques ayant amélioré considérablement la qualité et le confort de jeu. Heureusement montée avec un tirant très souple d’origine, le manche de la J-35 n’est pas des plus précis. Impeccable pour un bon blues acoustique ou un picking du bayou. Le manque de projection ajoute un nouvel élément caractéristique à cette guitare. Bourinner dedans ne donne rien. Il faut un jeu dynamique, mais nuancé. Le mieux est encore l’hybride picking. Là, on développe tout le charme sonore de cette guitare.

Le son

Il faut quand même trouver un véritable point négatif à cette folk. Le système piezo installé ne vaut pas grand chose. Il permettrait au mieux lors d’un enregistrement amateur de doubler une prise acoustique afin de lui apporter un brin de clarté. On doit ce son au micro L.R. Baggs Element, une entrée de gamme d’une marque qui est capable de faire bien mieux. Je comprends le choix de Gibson : Garder un instrument à caractère, pour la moitié du prix d’une J-45. C’est ce qu’il faut. Si vous décidez néanmoins que votre J-35 doit vous accompagner partout, il semble qu’un micro magnétique type M80 (puisque nous parlons de L.R. Baggs) ferait un malheur sur cette guitare. Au final la J-35 est toujours une véritable légende. Comme beaucoup de guitares qui ont construit le mythe, elle s’affirme par son son et sa jouabilité. Ce n’est pas franchement une guitare que je conseillerais aux débutants tant ses qualités sont spécifiques. Par contre, je la vois très bien dans les mains de rockers cherchant à travers une acoustique les sensations d’une bonne vieille électrique. Le prix reste quant à lui raisonnable… pour une Gibson.


Les plus

Le caractère

Les moins

Le système electro

Spécifications

Table plane en épicéa Sitka

Dos et éclisses en acajou

Binding multiplis sur la table, simple sur le dos

Touche palissandre

Micro/préampli L.R. Baggs Element

GIBSON J35

Test à retrouver également sur guitariste.com

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